

| I. Contexte et justification | ||
| Les violences faites aux femmes et aux filles (VFF) également appelées violences basées sur le genre (VBG), constituent un défi majeur en République Démocratique du Congo (RDC). Elles surviennent dans toutes les sphères et les strates de la société. Elles prennent diverses formes, comme le viol, la maltraitance physique, le harcèlement, mariages forcé, discrimination structurelle, la privation de dignité, etc. Dans le monde, une femme et une fille sur trois subiront des violences physiques ou sexuelles au cours de leur vie. Cela représente un milliard de femmes et de filles dans le monde aujourd’hui. Plus de 50 % des femmes âgées de 15 à 49 ans ont subi une forme de violence physique, et environ 27 % ont été victimes de violences sexuelles. Les conflits armés prolongés, l’instabilité politique, la pauvreté et la faible application des lois ont contribué à la banalisation de ces violences dans le pays.
Pour autant, les VBG ne touche pas uniquement les femmes et les filles. les hommes et les garçons en subissent également, bien que dans une moindre mesure, et souvent dans un contexte de guerre, de détention, ou au sein de certaines institutions. Pourtant, les conséquences des violences faites aux femmes touchent l’ensemble de la communauté : elles affectent la cohésion sociale, le développement économique, la santé publique, et la stabilité des foyers et les générations futures. Paradoxalement, la majorité des auteurs de VFF sont majoritairement des hommes, ce qui souligne l’importance cruciale de travailler avec les hommes et les garçons pour déconstruire les normes sociales néfastes, notamment les conceptions toxiques de la virilité. Ces stéréotypes alimentent non seulement la violence envers les femmes, mais aussi la souffrance silencieuse des hommes victimes de VBG, souvent invisibilisés à cause des normes de genre rigides.
La RDC a adopté plusieurs instruments nationaux et internationaux pour lutter contre les violences basées sur le genre : Code pénal congolais (modifié par la loi n°06/018 du 20 juillet 2006) : criminalise le viol et d’autres formes de violences sexuelles ; Loi n°09/001 du 10 janvier 2009 : protège les droits des personnes vivant avec le VIH/SIDA, souvent vulnérables aux VBG ; Loi sur la parité (n°15/013 du 1er août 2015) : promeut l’égalité entre les hommes et les femmes dans tous les domaines ; Adhésion à des traités internationaux, notamment : CEDAW, Résolution 1325, Protocole de Maputo.
Face à l’ampleur des violences et à la nécessité de changer les mentalités, le gouvernement de la RDC, en partenariat avec l’Union Africaine et d’autres parties prenantes, a lancé la Stratégie Nationale de Masculinité Positive (2024-202), adoptée en 2022. Cette stratégie vise à mobiliser les hommes et les garçons comme acteurs clés du changement pour promouvoir l’égalité de genre ; émettre en question les normes patriarcales néfastes ; et encourager une masculinité fondée sur le respect, l’empathie, la non-violence, la responsabilité et la justice. La lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles ne peut réussir sans l’implication des hommes et des garçons, non comme adversaires mais comme alliés dans la transformation des normes sociales et des comportements. La Stratégie de Masculinité Positive constitue une réponse prometteuse, fondée sur la responsabilité, la prévention, et la valorisation de modèles masculins positifs. À travers ce travail de sensibilisation, ACADHOSHA vise à déconstruire les modèles violents et promouvoir une société fondée sur le respect, l’équité et la justice de genre.
Il s’agit d’un problème lié au genre qui nécessite un travail d’ensemble sur la justice de genre et l’égalité des personnes ; il n’est donc pas uniquement question de l’autonomisation des femmes. Si nous voulons prévenir les VFF, nous ne pouvons pas nous contenter de ne travailler qu’avec les femmes et les filles. Statistiquement, la majorité des auteurs de VFF sont des hommes. Il est donc extrêmement important de travailler avec les hommes et les garçons, notamment sur la manière dont les idéologies préjudiciables relatives à « la virilité » affectent les femmes et les filles, mais aussi les hommes et les garçons. Il est important de noter que les hommes et les garçons sont eux aussi parfois victimes de violences, y compris de violences sexuelles.
A travers ce dialogue, ACADHOSHA voudrait donc remettre en question les connaissances et comportements individuels des hommes et des garçons, ainsi que les normes sociales qui engendrent de la violence masculine à l’encontre des femmes et des filles. Il est également important de mentionner que les hommes et les garçons sont eux aussi parfois victimes de violences basées sur le genre, y compris de violences sexuelles. Inculquer l’approche de la masculinité positive étant l’ensemble des caractéristiques ou comportements dépourvus des violences basées sur le genre, en particulier à l’égard des femmes, permet aux hommes d’adopter des attitudes et comportement du respect et de l’estime à l’endroit des femmes. La présente activité se justifie par le fait que les leaders locaux jouent un rôle très capital dans la réduction des violences sexuelles, car ils vivent au sein des communautés et sont proches de la population. Les messages véhiculés par ces leaders ont une forte probabilité de se pérenniser, à condition qu’ils soient eux-mêmes sensibilisés. Cela facilite un véritable changement de comportement durable au sein des communautés.
Dans le cadre de cette dynamique nationale et provinciale, ACADHOSHA met en œuvre un projet de mobilisation sociale et communautaire pour la prévention des VBG et la promotion de la masculinité positive, en particulier dans la province du Sud-Kivu. Ce projet sera mis en œuvre pour soutenir le Plan de Transition Conjoint pour le Sud-Kivu, élaboré avec les parties prenantes et les acteurs humanitaires et de développement, avec l’appui technique d’ONU Femmes et le financement de la MONUSCO. Ce projet s’inscrit dans une approche inclusive, communautaire et durable. Il ne s’agit pas seulement de protéger les femmes et les filles, mais de repenser les rôles sociaux, de transformer les mentalités et de bâtir une société fondée sur le respect mutuel, l’égalité et la paix |
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| II. Objectifs | ||
| Global : Contribuer à la transformation des normes de genre préjudiciables pour mettre fin aux VSBG et de promouvoir l’égalité entre les hommes-femmes.
Spécifiques : · Encourager l’ensemble des parties prenantes, hommes et femmes, garçons et filles à mener une réflexion critique sur les réalités sociales qui sont les leurs, et les instruire de manière qu’ils apprennent, désapprennent et s’engagent à entamer un processus de changement en matière des comportements personnel et de normes sociales. · Contribuer à la promotion, à travers ce processus de dialogue, des formes de masculinité positives et l’égalité hommes-femmes dans le but d’améliorer la vie de chacun, de prévenir les VSBG et d’y répondre plus efficacement. · Contribuer à la création des espaces sûrs pour qu’un tel dialogue puisse avoir lieu, de manière ouverte et bienveillante. |
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| III. Résultats attendus | ||
| · 60 leaders locaux participent au dialogue communautaire ;
· Existence d’une cartographie des dirigeants locaux et des points chauds en matière de violence sexuelle et sexiste ; · Les outils de formation à la masculinité positive ont été adaptés en tenant compte du contexte local ; · Les dirigeants formés ont organisé par site du projet un dialogue communautaire de restitution sur la masculinité positive et la prévention de la violence sexuelle et sexiste ; · Les dirigeants formés se sont engagés à intégrer les mécanismes locaux de prévention et d’alerte ; · Une campagne radiophonique diffusant des messages publics portes par des champions de la masculinité positive a été réalisée sur chaque site. |
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| IV. Les participants | ||
| Le site de Bukavu réunira un total de 60 leaders locaux (Chefs des quartiers, leaders religieux, autorités académiques, leaders sociaux). Parmi eux, il y aura 25 femmes soit 41,6% et 35 hommes soit 58,4%. Le site de Kalehe réunira 50 leaders locaux, parmi eux, 20 femmes qui représentent 40% et 30 hommes représentants 60%. Le Site de Mwenga Kalehe réunira 50 leaders locaux, parmi eux, 20 femmes qui représentent 40% et 30 hommes représentants 60%. | ||
| Date et lieu : Les dialogues communautaires vont se dérouler simultanément à Bukavu, Kalehe et Mwenga pendant 1 jour chacun. | ||
| Heures | Activité | Modération |
| 8h00-8h30 | Session 1. Enregistrement et mise en place | Logistique |
| 8h30 – 90h00 | Session 2. Ouverture du dialogue communautaire
· Mot d’accueil de l’organisateur et présentation des objectifs du dialogue · Présentation des participants · Code de conduite · Photo de famille |
Modérateur |
| 10h00 – 10h15 | Pause-café | Logistique |
| 10H15 – 13h00 | Session 3 – Masculinité positive : comprendre pour mieux s’engager
· Définition · Règles · Etapes · Principales caractéristiques · Symboles. · Les VBG et la stratégie nationale de promotion de la masculinité positive
Débats |
Facilitatrice |
| 13h00-14h00 | Pause-déjeuner | Hôtel |
| 14h00-15h°° | Session 4 – Transformer les masculinités
Débats |
Facilitatrice |
| 15H°°-15H45 | Session 5 : Rédaction et signature de déclaration finale qui identifie aussi les messages radiophoniques de champions de masculine positive, mais aussi porteurs de flambeau de ces messages ainsi que les radios chargées de les diffuser | Facilitatrice et participants |
| 15h45-16h00 | Session 6 – Clôture du dialogue
· Lecture et signature de l’acte d’engagement en faveur de cette thématique · Mot de remerciement ACADHOSHA |
Facilitatrice |

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